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ASI (Appui Social Individualisé) 2008

Extrait Rapport d’activités 2008

par Béatrice BOUDIEB (7/11/2009)

L’ASI (Appui Social Individualisé) présenté par Dominique :

« L’appui social individualisé est un accompagnement global qui associe insertion sociale et professionnelle, les deux démarches étant intimement liées.

Cela recouvre des interventions variées, adaptées à la situation de chacun. Les prescripteurs pour Amitié Partage sont les deux agences Pôle Emploi de Roubaix(Alma et Sud)

Le schéma est le suivant : Quand un demandeur d’emploi, lors d’un rendez vous avec un conseiller du Pôle Emploi fait le point sur ses recherches et expose ses difficultés qui peuvent être dues à des problèmes de santé, logement, familiaux, financiers, administratifs, etc.... la mesure A.S.I lui est proposée, expliquée comme étant une aide qui va lui permettre de « poser son sac », trier les priorités, ne plus être seul face à ces problématiques. C’est à ce moment que je suis informée de la demande d’accompagnement par une fiche de liaison remplie par le conseiller avec l’identification du demandeur d’emploi et les difficultés repérées.

Je prends toujours contact par téléphone pour le premier rendez-vous plutôt qu’une convocation par courrier. Cela me permet de me présenter, de mettre la personne à l’aise car il n’est pas facile, quelle que soit sa problématique, d’avoir affaire à un nouveau référent à qui il va falloir une fois de plus se raconter. Le premier entretien est très important car on ne se connaît pas et bien souvent on me dit"je ne suis pas à l’aise, j’ai peur, je ne sais pas ce que vous me voulez, je suis venue par obligation mais j’en ai pas envie....."parfois la personne ne dit rien tellement elle est bloquée.

Mon travail consiste alors à les mettre en confiance, je leur explique que je suis là pour lesaider dans la mesure de mes possibilités, les mettre en relation et les accompagner vers des structures adéquates si nécessaire, utiliser mon réseau, que je suis à leur écoute et dans une confidentialité totale, (je les reçois dans un bureau fermé, beaucoup de larmes sont versées). Je fais le point tous les deux mois avec mes référents du pôle emploi sur l’avancement des dossiers, dans les grandes lignes mais sans trahir les confidences qui me sont faites.

Chaque entretien dure une heure. Selon l’urgence, la problématique, la demande, la cadence sera hebdomadaire, voire plusieurs fois par semaine si nécessaire au début, par quinzaine et au minimum une fois par mois mais c’est rare. La durée de l’accompagnement est de 6 mois renouvelable 6 mois si nécessaire sur accord du prescripteur et s’arrête avant si il n’est plus justifié (problème réglé, retour à l’emploi,abandon).

Les difficultés rencontrées sont de plus en plus - des souffrances psychologiques (dépression, consommation d’alcool, de drogues,violences conjugales, deuil, estime de soi....) - des problèmes de santé (douleur physique, suite d’opération, métier éprouvant (ex :bâtiment) - de logement, de sur-endettement, juridiques, manque de qualification et de non maîtrise de la langue française (oral, lecture, écriture...) La plupart des personnes que j’accompagne sont seules ou avec des enfants suite à des séparations et l’isolement reste un facteur aggravant (je suis parfois la seule personne à qui elle parle entre deux rendez-vous). Il m’arrive de rencontrer le conjoint ou autre membre de la famille car même si c’est un accompagnement individuel, cela passe quelquefois par une prise en charge globale pour débloquer une situation.

L’écoute est une partie très importante de ce travail. Les problématiques sont diverses et c’est parfois après plusieurs mois seulement que l’on constate une progression. Il est évident que j’accompagne mais je ne fais pas à la place. Le bénéficiaire est seul responsable de lui-même. Sur les problème d’addictions par exemple, je peux aborder le sujet, donner des adresses des structures, proposer de les accompagner dans leur démarche, mais cela reste leur demande pas la mienne. Il est important également de savoir écouter sans juger sinon, je ne vois pas comment je peux accompagner .Avec leur accord, j’appelle les bénéficiaires par leur prénom cependant je ne les tutoie pas, je ne parle pas de ma vie privée, je laisse une distance absolument nécessaire pour le bon déroulement du suivi. Il faut être vigilant car on peut parfois créer une dépendance, devenir indispensable à l’autre et ce n’est pas le but. J’ai la grande chance de travailler dans une structure qui me permet de répondre de suite à certaines urgences (alimentaires, vestimentaires etc.....) car parfois je comprends qu’une personne ne mange pas à sa faim depuis plusieurs jours mais "je n’ose pas demander"(c’est très difficile de verbaliser certains maux, de dire j’ai faim.....)

A la fin de l’accompagnement, je fais le bilan avec le bénéficiaire, parfois avec son nouveau référent à qui je passe le relais (ex : assistante sociale ou autre structure) et un écrit pour le Pôle Emploi. Quand c’est nécessaire, j’argumente pour obtenir unrenouvellement. Ce qui est dommage, c’est que je ne peux positionner sur un contrat aidé ou sur une entrée PLIE car je connais bien les personnes. Souvent les bénéficiaires me remercient pour l’aide apportée et sont contents d’avoir accepté cette prescription. Je réponds qu’il n’y a pas de quoi, que je fais mon travail,que la porte est toujours grande ouverte en cas de besoin. Je sais qu’il y en a que je n’oublierai jamais car leur parcours de vie, leur courage, leur dignité, font qu’ils sont admirables etm’apportent beaucoup.

Quel bonheur de recevoir un coup de fil annonçant un début de contrat, une réconciliation familiale, un déblocage de droits, un logement. Ils me disent que c’est grâce à moi, je leur dis que non, c’est grâce à eux !! 90 personnes ont été accompagnées ; 17 ont accédé à une insertion professionnelle ».


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