Accueil du site > Accueil de jour et aide d’urgence > Lien social et convivialité > "Le Vendredi je m’exprime"

"Le Vendredi je m’exprime"

par Dabila Horent (4/04/2016)

Mis en place à la demande de mamans bénéficiaires de la distribution du vendredi matin, le groupe de paroles intitulé « le Vendredi, je m’exprime » se réunit le vendredi après-midi autour d’un café ou d’un thé.

D’abord informel, puis expérimental, le groupe s’est fixé des objectifs. Les mamans ont fixé des règles sur le partage de la parole, le respect des opinions de chacun, la confidentialité des échanges. Le contenu des débats, tout en étant conventionnel (l’éducation des enfants, la télévision, les rapports femmes-hommes, les menus, la tradition et les cultures, l’école et les parents, la consommation des produits et l’argent, le travail, la place de la femme dans la société etc...) est abordé avec sérieux Soif de communiquer, de partager, de témoigner, de se découvrir dans la parole de l’autre et dans son regard... Les conversations sont riches, souvent joyeuses, parfois tristes au fil des drames évoqués par les unes ou les autres avec retenue, détachement, voire dérision.

La qualité des échanges et des réflexions ont surpris les animatrices (en duos alternés, Catherine, Khedidja et Dabila) et suscité bien des émotions dans le groupe.

Ne se connaissant pas en arrivant dans le groupe, très vite les dames se sont soutenues les unes et les autres dans le respect de chacune.

Dans le bilan final, lors de la fête des voisins, les points forts acquis ont été définis ainsi : Mieux se connaître, soi et les autres, Découvrir qu’on n’est pas seule à ressentir « ça », Trouver du réconfort sans contrainte de liens, Avoir confiance et se sentir chacun important dans un groupe, apprendre des nouvelles choses, Apprendre à échanger en français normal, Sortir de chez soi sans traîner dehors, dans les magasins ou avec des gens qu’on connaît déjà,

Pour les animatrices, il en ressort qu’en cette année où la liberté d’expression est souvent à la une, nous découvrons qu’il faut d’abord libérer la parole.

Des extraits : « Quand mon mari me demande ce que je vais faire à Amitié Partage, je ne veux pas lui dire que c’est pour moi surtout, alors je lui dis que j’apprends le français et je lui montre mon carnet avec tous les mots que je note à chaque fois que vous m’expliquez ce que ça veut dire. C’est vrai non ? », « Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un fou rire comme ça, à en pleurer ! Ça fait du bien, les filles. » « J’aimerais bien revenir en Septembre. » « Pour la première fois depuis des années, je trouve que je ne suis pas si bête que ça en fait. » « Oh, ça fait plaisir de parler de nos problèmes avec les enfants, avec les maris, avec les belles-mères et avec l’assistante sociale, tout ça sans me fâcher. » « Je suis contente d’avoir trouvé avec vous une solution à mes soucis... »

Les exemples repris par le groupe mettent en exergue : Un déficit de parole, Un manque d’estime de soi en dehors du statut de mère, d’épouse de..., Des difficultés liées à un apprentissage du français laissé en stand-by ou à une scolarité écourtée. Des différences culturelles, éducatives.

En conclusion, la deuxième année d’action devrait aboutir à la mise en place d’une formation-action ouverte, en lien avec l’apprentissage du français.


Dans cette rubrique